Mon intervention au conseil municipal du 23 juin 2026 — délibération n°185
Mon intervention
Je suis remonté jusqu’à 2017. J’avais pas au-delà, donc c’est peut-être même pire. Mais depuis 2017, il n’y a eu aucune augmentation de cette taxe, alors que l’inflation a galopé. Ce qui veut dire qu’au final, on fait des cadeaux fiscaux aux entreprises qui bénéficient de ces publicités.
On ne parle pas des petits commerçants calaisiens. 7 mètres carrés d’enseignes sont exonérés. La grande majorité des pubs locales, des enseignes de TPE, PME, de commerçants, rentrent dans ces 7 m². Les entreprises qui paient cette taxe, ce sont les grands groupes publicitaires qui font de la réclame pour l’agroalimentaire ou des multinationales. C’est ça qui me gêne.
Chaque année, on vous en parle sous un angle différent. Cette année, l’angle c’est : depuis au moins 10 ans, cette taxe n’a pas bougé. Je ne comprends pas pourquoi on se prive de cette source de revenus. Potentiellement, c’est des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros qu’on perd. Au mieux, on récupère de l’argent dans les caisses. Au pire, il y a un peu moins de publicité dans l’espace public — et ça, je pense que ça manquera à personne.
Je ne demande pas une explosion de la fiscalité. Je demande juste un suivi constant. La quasi-totalité des taxes suivent l’inflation. Quand vous êtes payé au SMIC, vous suivez l’inflation. L’ensemble des revenus, des impôts, suit l’inflation.
Là, on est sur des montants en euros. Mécaniquement, en euros constants, depuis plus de 10 ans, on baisse la fiscalité publicitaire.
Je ne suis pas en train de dire : augmentez de 50 %. Je ne suis pas en train de dire : interdisez la publicité, même si des communes l’ont fait. Je dis juste : suivons l’inflation. Peut-être +2 % par an. Ce n’est pas la mer à boire.
La réponse de la majorité
M. Henault (adjoint) : la Ville ne crée pas de nouvelles taxes et n’augmente pas les tarifs. La municipalité « fait le choix » de rester sous les plafonds légaux pour ne pas alourdir la charge sur les commerçants et les entreprises. Une augmentation « pénaliserait en premier lieu les commerces de proximité ». C’est un « équilibre » entre attractivité économique et régulation publicitaire.
Je viens de le dire : les petits commerçants sont exonérés. L’argument ne tient pas.
Mme Maliar (adjointe) : ce débat révèle notre divergence sur la politique économique. « Pour nous, un emploi c’est un emploi. Peu importe qui embauche la personne. » La majorité assume de renoncer à certaines recettes « pour préserver l’emploi. »
Et là, le grand classique : le chantage à l’emploi.
Soyons sérieux. On parle d’une taxe qui représente quelques milliers d’euros par an pour ces entreprises publicitaires — une goutte d’eau pour des groupes qui gèrent des milliers de panneaux dans toute la France. Cet argument du chantage à l’emploi est ridicule à ce niveau de montant. Si une entreprise menace de licencier parce qu’on indexe une taxe sur l’inflation, qu’elle le dise clairement. On verra si ça tient debout.
Jean-Philippe Lannoy, conseiller municipal LFI — Calais à gauche toute.

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